Dimitri Casali : "On ne donne plus la France à aimer"

Dimitri Casali, historien spécialiste de Napoléon, auteur de "Le Grand Procès de l’histoire de France", (Ed. Robert Laffont), était l’invité d’André Bercoff, lundi 21 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Dimitri Casali, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Historien et spécialiste de Napoléon, Dimitri Casali est depuis quelques temps très critique sur l'instruction de l'histoire à l'école et parmi le grand public. C'est ce qui serait pour lui, l'une des causes de l'avancée du communautarisme et de la lente montée de l'ignorance en France.

 

"Au lieu de donner la France à aimer à nos enfants et aux migrants, on leur donne la France à haïr"

Dans son livre Le Grand Procès de l'histoire de France, Dimitri Casali dénonce le manque de place des grands personnages qui ont fait l'histoire de notre Nation. Il y voit une "lente montée de l'ignorance qui prospère" aujourd'hui. Et ce, même au sein de nos élites. "Ils sont de plus en plus ignorants de leur propre histoire", déplore-t-il. "C'est dangereux parce que le communautarisme prospère sur le manque de racines et de valeurs". C'est d'ailleurs peut-être là la source de la crise d'intégration. "C'est l'histoire de France qui faisait aimer la France aux immigrés. Depuis quelques temps, on ne donne plus la France à aimer".

Pour l'historien, "l'histoire était vecteur d'intégration", ce qui a été "complètement oublié depuis 40 ans", reproche-t-il. D'après lui, ce qui dérange dans l'histoire de France, "ce sont les mots France, patrie, sentiment national, que vous ne trouverez plus dans aucun manuel d'histoire". Dans cette longue déconstruction, il voit quelques grands détracteurs. "L'éducation nationale d'abord et son programme scolaire, mais aussi les groupes communautaires comme le CRAN" qui appelaient à retirer de nombreuses statues faisant un peu trop référence au passé colonial de la France.

Un monde divisé en deux

Dimitri Casali voit une bipolarité s'installer. "Pour toute cette élite française renforcée par les universitaires, le monde se divise en deux", constate-t-il. "Les oppresseurs et les oppressés", dont la France ferait partie de la première catégorie. "Le discours tend à supprimer les traces des oppresseurs coloniaux", fait remarquer André Bercoff. Le spécialiste de Napoléon fait d'ailleurs remarquer une certaine "corrélation" avec les prêches des imams dans les mosquées qui "divisent eux aussi le monde en deux, le bien et le mal, la France se classant toujours dans le camp du mal".

Si la situation ne s'inverse pas complètement aujourd'hui, Dimitri Casali note des "efforts de la part de Jean-Michel Blanquer". "Les nouveaux programmes du lycée sont bien meilleurs que les précédents", note-t-il. Pour lui, le véritable problème résulte de la suppression des personnages "qui donnaient chair à l'histoire, qui humanisaient". "Aujourd'hui, on n'apprend plus que l'histoire thématique qui passe à travers l'antiracisme, le féminisme...", dénonce l'historien.

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