Faut-il ne pas trop abuser des jouets intimes ? La réponse de Brigitte Lahaie

C’est un discours que l’on entend assez souvent : les jouets intimes pourraient nuire à la qualité du plaisir. Mais qu’en est-il réellement ?

Brigitte Lahaie répond à toutes vos questions
Brigitte Lahaie répond à toutes vos questions

Les principaux arguments consistent à dire que les vibrations fortes d’un vibromasseur peuvent habituer la femme à ce niveau de sensation et qu’ensuite, aucune personne ne parviendrait à la faire jouir. Autre argument tout aussi dévastateur : l’homme voyant sa partenaire prendre trop de plaisir avec le jouet, que ce soit un vibromasseur ou pire encore un godemichet, complexerait et perdrait son érection.

L’Homme contre la machine, un grand classique… un peu vieux jeu

Ces croyances reposent sur quelque chose de fondamentalement faux puisque le jouet reste un objet et en aucun cas le rival de qui que ce soit. Il est même souvent bien utile pour dépasser les difficultés des uns ou des autres. Enfin, il peut devenir l’allié de l’un ou l’autre des partenaires. Mettre du ludique dans la sexualité du couple est une des clés pour conserver une sexualité épanouissante !

Et puis certaines femmes ont besoin de cette intensité vibratoire sur leur clitoris pour parvenir à un orgasme. D’autres n’acceptent pas la bouche d’un partenaire sur leur sexe. Pour les nombreuses femmes que ces deux situations concernent, l'aide d'un jouet est précieuse.

Quelques petites précautions pour que le jouet intime reste ludique

Les seuls dangers du jouet intime seraient, comme pour tout ce qui concerne la sexualité, de tomber dans l’escalade. Si un besoin de performance ou une addiction s’installe, le couple ne peut alors plus faire l’amour sans un jouet. Certains chercheront d’ailleurs un jouet de plus en plus spectaculaire.

De même, les hommes de nature curieuse peuvent ne penser qu’à tester un nouveau jouet, sans spécialement s’inquiéter de savoir si leur partenaire apprécie. A la longue, elle peut se sentir instrumentalisée. Ce n’est plus elle que son partenaire désire mais son corps qu’il utilise pour s’exciter.

Le jouet intime en lui-même ne représente aucun danger. Les partenaires complices découvrent d’autres sensations, d’autres plaisirs. Il permet notamment de se surprendre or, la surprise est un bon moyen d’éviter l’habitude qui reste le premier handicap au désir. Bien sûr chacun ne doit accepter que ce qui lui convient. Et si l’idée d’introduire un jouet intime ne plait pas, il ne faut pas hésiter à dire non.

Ce n’est pas une question de liberté : on peut tout à fait avoir une sexualité libérée et ne pas éprouver la moindre envie d’utiliser un jouet intime. N’oublions pas que deux êtres humains ont déjà de nombreuses possibilités de faire l’amour de multiples façons. Les peaux, les mains, les bouches et les sexes, sans bien sûr oublier le cerveau, capable d’une imagination sans limite.

Brigitte Lahaie