Comment vivre seul.e ? La réponse de Brigitte Lahaie

Le confinement renvoie bon nombre d’entre nous à une solitude forcée. Or, nous ne sommes pas des animaux solitaires. A l’origine de l’humanité, l’individu a survécu grâce au groupe. Imaginez une mère avec son tout petit, isolée dans la savane ? Ils auraient péri en moins d’une journée. Ce besoin de se relier nous vient de la nuit des temps.

Brigitte Lahaie répond à toutes vos questions
Brigitte Lahaie répond à toutes vos questions

Il y a certes les réseaux sociaux et les apéritifs virtuels mais quoi qu’on en dise cela n’a rien à voir avec les vraies rencontres. Celles où les regards se croisent, celles durant lesquelles on échange des odeurs, des fluides…

La solitude n’est pas la même pour tout le monde

La solitude est toujours très relative. Nous ne sommes pas tous égaux face à notre besoin de relation. Tout dépend de notre dépendance ou notre indépendance. J’ai remarqué que les personnes extraverties souffrent plus de la solitude tant elles ont besoin d’exprimer haut et fort ce qu’elles ressentent. De même, l’adolescent a besoin d’aller à la découverte du monde, il n’est pas fait pour la solitude. D’ailleurs lorsqu’un ado reste replié sur lui-même, cela traduit souvent un mal-être profond.

Solitude ou isolement ?

Alors bien sûr, un moment de retraite peut être tout à fait bénéfique à condition qu’il soit choisi. A cause de la COVID, certaines personnes se sont retrouvées dans cette solitude forcée et ont su en faire quelque chose de positif. Cela leur a permis de découvrir ce qui était essentiel pour elles. Cet arrêt sur image a mis fin à la course ou la fuite si fréquente lorsqu’on ne veut pas entendre son désordre intérieur. Mais pour celles dont le désordre intérieur était trop fort, le confinement a alors provoqué des angoisses existentielles insupportables pouvant aller jusqu’à des tentatives de suicide. En effet, le nombre de suicides avait nettement augmenté durant le premier confinement.

Je crois qu’il y a un mot qui indique plus que tout la souffrance due à la solitude : c’est l’isolement. Car la solitude peut être un choix plus ou moins provisoire permettant de se retrouver face à soi-même. En revanche l’isolement n’est pas un choix et il entraine au mieux vers une déprime, un désespoir et au pire vers un dérèglement psychique.

Mettre de la vie dans sa vie

On a vu que les animaux pouvaient palier ce sentiment d’isolement. Car avec eux, il y a des échanges de peau et de regards. Toucher et regard ont un effet bénéfique sur notre psychisme. Alors que les réseaux sociaux peuvent donner l’impression de ne pas être isolé mais la distance entre les êtres reste impalpable. Dès lors, on voit bien les limites du télétravail.

Alors si vous vous retrouvez seul.e, organisez-vous pour échanger verbalement avec vos proches. Privilégiez la joie plutôt que la peur. Humour et pensées positives sont vos bouées de sauvetage. Et faute d’humains autour de vous, d’animaux : ouvrez les fenêtres, respirez la nature, occupez-vous d’une plante verte. Bref, mettez de la vie dans votre vie…

Brigitte Lahaie