Pour le maire de Guéret, si l’usine GM&S ferme, la Creuse ne s’en remettra pas

Les salariés de GM&S dans la Creuse ont piégé leur usine avec des bonbonnes de gaz
Les salariés de GM&S dans la Creuse ont piégé leur usine avec des bonbonnes de gaz © Pascal Lachenaud / AFP

INVITE SUD RADIO. Depuis plusieurs semaines, le maire de Guéret se bat pour la survie de l’entreprise GM&S et ses 279 salariés. Lundi, une table ronde entre tous les acteurs du dossier s’est tenue pour essayer de trouver une solution. Sans succès pour le moment.

Les 279 salariés de l’entreprise GM&S sont à bout. La semaine dernière, pour se faire entendre, ils n’ont pas hésité à piéger leur usine avec des bonbonnes de gaz et menacer de la détruire. Le maire PS de Guéret, Michel Vergnier, suit ce dossier depuis plusieurs semaines. Le sous-traitant automobile est le principal employeur du département. "Si elle venait à fermer, la Creuse ne se remettrait pas. Comment voulez-vous retrouver des emplois dans un bassin comme le nôtre ? Ce serait un véritable drame économique et humain", explique le maire, invité lundi du Grand Matin Sud Radio. 

>> Réécouter en intégralité l'interview de Michel Vergnier, maire de Guéret

Aujourd’hui, l’entreprise tire la majorité de son chiffre d’affaires des contrats passés avec les marques françaises Peugeot et Renault. Problème : depuis plusieurs mois, les deux constructeurs automobiles refusent d’augmenter le carnet de commandes. "S’ils ne le font pas, je les accuserai de non-assistance à département en danger, s’agace Michel Vergnier, car ils peuvent donner de la production supplémentaire à cette entreprise qui ne demande pas d’argent mais du travail".

Aucun repreneur pour le moment

Cependant, malgré ces injonctions et le mouvement de colère des salariés, Peugeot et Renault ne semblent pas prêt à céder. Hier, lors de la table ronde qui réunissait pouvoirs publics, représentants des constructeurs automobiles et salariés, le maire de Guéret n’a pu que constater que Renault et Peugeot continuaient de "demander des volumes insuffisants pour maintenir des empois". 

La négociation est d’autant plus compliquée qu’il n’y a actuellement pas de repreneurs pour cette usine et les différentes reprises subies ces vingt dernières années à GM&S ont laissé un goût amer. "Les anciens repreneurs sont venus, ils ont pris l’argent, ils sont partis. Ils n’ont rien modernisé, ils n’ont rien cherché à faire. Aujourd’hui, c’est eux qui nous ont amené dans cette position, beaucoup plus que PSA et Renault", dénonce Michel Vergnier. Le maire de Guéret en veut tout particulièrement au dernier repreneur "aujourd’hui en Angleterre et injoignable" qui a racheté l’usine pour trois euros et a touché l’année dernière un millions d’euros au titre du CICE. "Ce sont les salariés qui paient la note", déplore le maire. 

Seul motif d’espoir aujourd’hui, "un ou deux repreneurs contactés (mardi) par PSA et Renault" alors que, dans le même temps, une demande de délai supplémentaire auprès du tribunal avant la liquidation a été envisagée lors de la table ronde. "Il faut qu’on ait des gens qui viennent en face de nous avec un business plan et qui nous disent ce qu’ils comptent faire", réclame Michel Vergnier.  

Le maire de Guéret compte également se mettre en relation avec le ministre de l’Industrie dès que celui-ci sera nommé dans le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron. Mais l’édile ne se fait pas trop d’illusion, il n’est pas sûr que l’appui politique suffise. "Si Emmanuel Macron a la possibilité d’imposer à PSA et Renault d’augmenter le volume de production, je serai personnellement très heureux. Mais malheureusement, je crois qu’il faut qu’on compte surtout sur nous".

Vos réponses pour cet article
Vous devez être connecté pour réagir
Les rubriques Sudradio