France

Epidémie de grippe: un bilan "lourd" en perspective


Par Amélie BAUBEAU
Publié le 11/01/2017  à 11:21

François Bourdillon, le directeur général de l'agence Santé publique France, ici le 10 octobre 2014
@AFP FRANCOIS GUILLOT

François Bourdillon, le directeur général de l'agence Santé publique France, ici le 10 octobre 2014

Le bilan de l'épidémie de grippe sera "probablement lourd", a averti mercredi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, appelant au report des opérations non urgentes pour désengorger les hôpitaux mais niant que la situation soit la conséquence de fermetures de lits.

"Chaque année, il y a des victimes de la grippe", mais cette année, l'épidémie est "particulièrement intense" et le nombre de personnes malades "particulièrement important", a souligné la ministre, lors d'un point sur cette épidémie, qui devrait atteindre son pic la semaine prochaine.

"Je veux répondre (...) à ceux qui prétendent qu'il y a moins de lits en médecine depuis quelques années. Il y a 2.500 lits de plus en médecine dans les hôpitaux français aujourd'hui par rapport à 2012", a-t-elle affirmé en fin de journée, en visite au service des urgences de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

"On a fermé trop de lits au cours des 20 dernières années, notamment des lits conventionnels qui pouvaient accueillir des patients des urgences" en cas de besoin, a critiqué Patrick Pelloux, médecin urgentiste à Paris et syndicaliste, sur BFMTV.

"La grippe, c'est tous les ans, et tous les ans nous connaissons cette situation" d'engorgement, "et pourtant rien ne change", a aussi déploré Philippe Juvin, chef des urgences de l'Hôpital Georges-Pompidou et député européen (LR), sur RTL.

Le nombre de personnes qui ont consulté leur médecin pour des symptômes grippaux a continué à augmenter la semaine dernière, atteignant 395 pour 100.000 habitants, contre 326 la semaine précédente, selon le bulletin hebdomadaire de Santé publique France, publié mercredi.

Le nombre de passages aux urgences liés à cette maladie virale a en revanche commencé à diminuer (4.788 contre 5.745), tout comme les hospitalisations (787 contre 1.035).

Mais, comme de nombreux patients ont été hospitalisés pour grippe ces dernières semaines (en grande majorité des plus de 80 ans), avec une durée moyenne d'hospitalisation de 10 à 15 jours, "l'enjeu, c'est de garantir qu'il y a des lits d'hospitalisation disponibles" pour les nouveaux patients, a expliqué la ministre.

"Toute personne qui a besoin d'être soignée l'est", a-t-elle assuré, lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.

Pour faire face à cette situation, 142 hôpitaux sur les 850 du pays se sont déclarés "établissement de santé en tension" - ils n'étaient que 86 il y a trois jours -, un dispositif qui permet d'ajouter des lits d'hospitalisation, de rappeler du personnel soignant en congé ou de déprogrammer des soins et des opérations non urgentes.

Certains établissements ont déjà utilisé cette dernière possibilité, mais Marisol Touraine les a incités mercredi à le faire davantage "si nécessaire".

"En ce moment, dans plusieurs hôpitaux universitaires, on ne joue pas tout à fait le jeu" de ces déprogrammations, a estimé le Dr Mathias Wargon, chef de service des urgences de l'hôpital de Bry-sur-Marne, sur France 5

Trois hôpitaux - Troyes (Aube), Firminy (Loire) et Lens (Pas-de-Calais) - ont même déclenché le "plan blanc", un cran supplémentaire réservé aux urgences sanitaires qui dépassent les capacités de réponse d'un hôpital.

- "On a fermé trop de lits" -

La ministre a aussi invité les médecins libéraux à traiter le plus possible les malades "à leur cabinet ou au domicile", pour éviter davantage d'hospitalisations.

Commencée début décembre, l'épidémie de grippe devrait atteindre son pic "la semaine prochaine", avant de refluer, selon l'agence Santé publique France.

En quatre semaines, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe, selon le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm.

L'hiver dernier, le virus de la grippe n'avait pas généré d'excès de mortalité, mais il y a deux ans, on avait constaté une surmortalité de 18.000 personnes, en partie attribuable à la grippe.

Si le virus de cette année est du même type que celui d'il y a deux ans, le vaccin est cette fois mieux adapté, ce qui laisse espérer un retentissement moindre, a toutefois expliqué Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires et vaccination à Santé publique France.

Depuis le 1er novembre, 52 personnes sont décédées de la grippe en réanimation à l'hôpital, selon Santé publique France. L'agence constate par ailleurs une "nette hausse" de la mortalité toutes causes confondues sur les deux dernières semaines de 2016, mais souligne qu'il est trop tôt pour estimer la part de cette surmortalité liée à la grippe.

© 2017 Agence France-Presse

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